C’est une question que se posent beaucoup de nouveaux hôtes : dois-je vraiment déclarer mes revenus Airbnb aux impôts ? Et si oui, comment m’y prendre concrètement ? La réponse est sans équivoque : oui, les revenus tirés de la location de votre logement sur Airbnb sont imposables en France dès le premier euro, sauf cas très particulier.
Pourtant, quand on comprend la logique, l’exercice est simple : vous déclarez des recettes dans la catégorie BIC, puis vous appliquez un cadre fiscal, micro-BIC ou régime réel, selon votre situation. Dans ce guide, nous vous expliquons pourquoi vous devez déclarer ces revenus, sous quel régime, comment préparer votre dossier, et comment remplir votre déclaration étape par étape pour vos revenus 2026, déclarés au printemps 2027. Une notion est devenue centrale depuis la réforme du micro-BIC : la différence entre meublé de tourisme classé et non classé.
Sommaire
- Faut-il vraiment déclarer ses revenus Airbnb ?
- Que déclare-t-on exactement ?
- Sous quel régime fiscal déclarer ces revenus ?
- Préparer sa déclaration : les étapes en amont
- Comment déclarer pas à pas : formulaires et cases
- Micro-BIC ou réel : comment choisir ?
- Cas particuliers et exceptions
- CFE, taxe de séjour et autres à-côtés
- Erreurs fréquentes à éviter
- FAQ
- Conclusion
Faut-il vraiment déclarer ses revenus Airbnb ?
Oui, absolument. En France, tous les revenus locatifs sont imposables, qu’il s’agisse de location nue ou meublée, de longue ou de courte durée. Les loyers perçus via Airbnb ne font pas exception : légalement, vous devez les mentionner dans votre déclaration annuelle de revenus. Il n’existe pas d’exonération spécifique pour les petits montants ou les locations occasionnelles, si ce n’est une tolérance très limitée que nous détaillons plus loin. Même si vous ne louez votre logement qu’une semaine par an pendant les vacances, les sommes encaissées sont censées être déclarées.
Plus concrètement, depuis 2020 les plateformes collaboratives comme Airbnb transmettent automatiquement aux autorités fiscales le récapitulatif des revenus perçus par chaque utilisateur, conformément à la loi « DNF » et à la directive européenne DAC7. Le fisc a donc connaissance des montants que vous avez gagnés via Airbnb. Ne pas les déclarer vous exposerait à un redressement. Mieux vaut être transparent et déclarer scrupuleusement ces recettes.
Déclarer ses revenus Airbnb permet par ailleurs de régulariser votre situation et de dormir tranquille. Si votre activité reste dans le cadre du statut LMNP (loueur en meublé non professionnel, ce qui est le cas tant que vous ne dépassez pas 23 000 € de recettes et que ce n’est pas votre activité principale), la fiscalité reste allégée et avantageuse, surtout en appliquant les abattements ou en déduisant les charges. Vous n’avez donc rien à gagner à cacher ces revenus, et beaucoup à perdre en cas de contrôle. Être en règle vous permet aussi de bénéficier pleinement de vos droits : en cas de sinistre ou de litige, une activité déclarée sera couverte, alors qu’une activité non déclarée peut poser problème vis-à-vis des assurances.
Déclarer proprement, ce n’est d’ailleurs pas seulement « être en règle » : c’est éviter trois pièges très coûteux. Le premier, c’est la mauvaise rubrique, qui peut vous faire payer trop ou déclencher des échanges inutiles avec l’administration. Le deuxième, c’est le mauvais régime, alors que le micro-BIC en courte durée non classée est aujourd’hui beaucoup plus limité. Le troisième, c’est l’absence de preuves : même au micro, vous devez pouvoir justifier vos recettes.
Que déclare-t-on exactement ?
Location meublée de courte durée : des revenus BIC
Si vous louez un logement meublé à une clientèle de passage (nuitées, semaine, mois), vos revenus entrent dans la catégorie des BIC (Bénéfices Industriels et Commerciaux), et non dans les revenus fonciers. C’est un point crucial : ne les confondez pas avec des loyers de location nue, ce ne sont pas les mêmes cases. Cela reste vrai même si votre logement est « juste » un appartement mis sur Airbnb ou Booking.
Ce qui compte dans vos recettes
Le principe est simple : vous partez du montant total des sommes reçues au titre de la location sur l’année, loyers et charges comprises. Concrètement, cela signifie que vous devez être capable de justifier un total annuel clair, avec vos exports de plateformes et vos relevés bancaires.
Deux précisions utiles. D’abord, les frais de ménage que vous facturez aux voyageurs font partie de vos recettes brutes et doivent donc être inclus. Ensuite, la commission Airbnb n’est pas à soustraire vous-même : au micro-BIC, on déclare le brut avant commission, et l’abattement est censé couvrir ces frais. Au régime réel, en revanche, la commission se déduit comme une charge.
La taxe de séjour reste à part
La taxe de séjour n’est pas un revenu pour vous : c’est une taxe collectée puis reversée à la collectivité, et selon les cas c’est la plateforme qui s’en charge à votre place. Elle ne doit donc pas être incluse dans vos recettes imposables. Par exemple, si un voyageur a payé 100 € dont 2 € de taxe de séjour, et qu’Airbnb vous a versé 98 € en reversant 2 € à la commune, vous déclarez 98 € de recettes. Dans tous les cas, vous devez savoir qui collecte et garder une trace de ce qui a été collecté et reversé : en cas de contrôle, on vous demandera votre logique. Pour approfondir, consultez notre guide Taxe de séjour : comment ça marche ?
Pensez également aux obligations locales, qui ne relèvent pas de la déclaration fiscale nationale mais qui vont de pair : enregistrement en mairie, règles de la commune, limites de durée. Notre article sur les obligations du meublé de tourisme fait le tour de la question. Si votre bien se situe dans l’Hérault ou le Gard, gardez aussi un œil sur les règles locales via nos pages conciergerie Airbnb à Montpellier et conciergerie Airbnb à Nîmes.
Sous quel régime fiscal déclarer ces revenus ?
En tant que particulier louant un bien meublé, vous êtes a priori en LMNP. Deux régimes fiscaux sont alors possibles.
Le micro-BIC est le régime simplifié par défaut. Il s’applique si vos recettes annuelles n’excèdent pas 77 700 € dans le cas d’un meublé classé ou d’une chambre d’hôtes, et 15 000 € seulement dans le cas d’un meublé de tourisme non classé. Vous déclarez simplement le montant brut encaissé, et l’administration applique un abattement forfaitaire : 50 % si le logement est classé ou s’il s’agit d’une chambre d’hôtes, 30 % si le logement n’est pas classé. Cet abattement représente les charges estimées, et vous n’êtes imposé que sur le reste. Ces seuils et ces taux, issus de la loi du 19 novembre 2024, s’appliquent depuis la déclaration 2026, au titre des revenus 2025 : si vous avez déclaré au printemps 2026, vous étiez déjà concerné. Notre guide fiscal LMNP détaille ces seuils.
Le régime réel consiste à déduire vos charges réelles (intérêts d’emprunt, travaux, ameublement, frais de ménage, commissions, assurances) et vos amortissements, pour n’imposer que le bénéfice net. Il est souvent intéressant en location courte durée, où les charges sont élevées, mais il nécessite une comptabilité plus poussée. Vous pouvez opter pour le réel sur demande, ou y être contraint si vous dépassez les seuils du micro-BIC.
Pour beaucoup de propriétaires débutants, le micro-BIC est utilisé au départ car c’est le régime par défaut. Un exemple : si vous encaissez 5 000 € via Airbnb sur l’année avec un logement non classé, vous ne serez imposé que sur 3 500 € après l’abattement de 30 %. Avec un logement classé ou une chambre d’hôtes, vous ne seriez imposé que sur 2 500 €. Cet abattement est censé couvrir l’ensemble de vos dépenses, d’où son intérêt pour ceux qui ne veulent pas s’embêter à tout calculer.
Le régime réel, lui, devient intéressant dès que vos charges effectives dépassent cet abattement forfaitaire. Si vous avez eu de gros travaux, des intérêts d’emprunt importants, ou si vous amortissez un bien coûteux, le réel peut vous permettre d’afficher un bénéfice faible voire nul. En contrepartie, il faut tenir une comptabilité et déposer une liasse fiscale professionnelle (formulaire 2031). C’est tout à fait faisable, souvent avec l’aide d’un expert-comptable ou d’un logiciel, mais c’est une étape supplémentaire.
En résumé : vous indiquerez vos revenus Airbnb en tant que BIC non professionnel. Par défaut, l’administration appliquera le micro-BIC avec abattement. Si vous voulez opter pour le réel, vous devez l’avoir signalé avant, au moment de votre inscription LMNP ou avant le 1er février de l’année fiscale concernée.
Préparer sa déclaration : les étapes en amont
Une déclaration réussie, c’est 80 % de préparation et 20 % de saisie. Avancez dans l’ordre.
1. Identifier votre catégorie : classé ou non classé
C’est le point qui change tout depuis la réforme du micro-BIC. Un meublé de tourisme non classé est un logement meublé loué à des voyageurs sans classement officiel. Un meublé de tourisme classé dispose d’un classement officiel en étoiles, ou relève de situations assimilées selon l’administration. Les seuils du micro et le taux d’abattement ne sont pas les mêmes, donc votre impôt non plus.
2. Vérifier que vous avez bien un SIRET
Si vous démarrez l’activité, en LMNP comme en LMP, vous devez effectuer une déclaration de début d’activité (formulaire P0i) en ligne sur le guichet dédié, dans les quinze jours suivant le début de l’activité. Cette démarche sert notamment à obtenir un numéro SIRET et à indiquer votre régime. Même si vous êtes « simple particulier », la location meublée reste une activité avec ses formalités, et cela vous évitera des soucis administratifs, notamment pour la CFE.
3. Calculer vos recettes proprement
Faites un seul chiffre annuel, puis gardez le détail qui le justifie. La méthode la plus propre tient en trois temps :
- Export annuel par plateforme (Airbnb, Booking, réservations en direct).
- Total par mois, puis total annuel.
- Vérification avec le total réellement encaissé sur le compte bancaire.
Airbnb met normalement à votre disposition un relevé annuel des montants encaissés, disponible dans votre espace hôte vers janvier ou février. Vérifiez que le total que vous déclarez correspond, hors taxe de séjour. Constituez un dossier « Déclaration revenus 2026 » avec vos exports, vos factures et vos relevés : même au micro, cela vous protège.
4. Choisir votre régime avant de saisir
Choisissez plutôt le micro si vos recettes sont modestes, si vous avez peu de charges et si vous voulez une déclaration rapide. Regardez sérieusement le réel si vous dépassez les seuils micro applicables à votre type de meublé, si vous payez beaucoup de charges (ménage, linge, entretien, intérêts d’emprunt), si vous avez fait des achats d’équipement ou des travaux, ou si vous voulez piloter votre rentabilité avec précision.
Comment déclarer pas à pas : formulaires et cases
Passons au concret.
1. Identifier le bon formulaire. Si vous déclarez en ligne, lors de l’étape « Revenus », on vous proposera d’ajouter la rubrique « Revenus industriels et commerciaux (BIC) » puis « Location meublée non professionnelle ». Si vous déclarez sur papier, il vous faut le formulaire 2042-C-PRO (déclaration complémentaire des revenus), sur lequel figurent les cases dédiées aux locations meublées.
2. Repérer la bonne case. Sur la 2042-C-PRO, cherchez la section « Revenus des locations meublées non professionnelles ». Les repères à connaître :
- Locations meublées non professionnelles au micro-BIC : cases 5ND, 5OD, 5PD, à raison d’une case par déclarant. C’est ici que vous indiquez le montant total brut perçu sur l’année.
- Meublés de tourisme classés et chambres d’hôtes au micro-BIC, avec l’abattement de 50 % : cases 5NG, 5OG, 5PG.
- Meublés de tourisme non classés au micro-BIC, avec l’abattement de 30 % : attention, la codification a évolué avec la réforme et des cases spécifiques 5NH et 5OH sont désormais citées pour distinguer ce cas de la location meublée classique de longue durée, elle-même renvoyée vers les cases 5NI et 5OI.
- Régime réel : cases 5NA, 5OA, 5PA pour le bénéfice net imposable, calculé au préalable via le formulaire 2031. En cas de déficit, ce sont les cases 5NY et suivantes, le déficit LMNP se reportant sur les années suivantes et non sur le revenu global.
Ces codes évoluent d’un millésime de formulaire à l’autre, en particulier depuis que le meublé de tourisme non classé a été isolé des autres locations meublées. La bonne pratique est donc simple : ne vous fiez pas au seul numéro, lisez l’intitulé complet de la case sur votre déclaration, c’est lui qui fait foi. L’essentiel est de ne pas utiliser la section « Revenus fonciers », qui concerne les locations non meublées : mal placés, vos revenus Airbnb seraient rejetés en cas de contrôle.
3. Vérifier la ligne des prélèvements sociaux. Juste en dessous figurent des cases du type 5NW, 5NX, 5NJ ou 5NK. Elles concernent les revenus déjà soumis aux prélèvements sociaux. En LMNP standard, laissez-les vides : vous paierez les 17,2 % de prélèvements sociaux en même temps que l’impôt, automatiquement.
4. Vérifier le résultat. Si vous déclarez en ligne, le simulateur calcule votre impôt une fois les montants saisis. Exemple : vous avez perçu 5 500 € via Airbnb avec un logement non classé et vous n’avez pas opté pour le réel. Vous inscrivez 5 500 dans la case du déclarant 1 ; l’administration applique un abattement de 30 % (1 650 €) et retient 3 850 € imposables. En fonction de votre tranche marginale (0 %, 11 %, 30 %…), cela ajoutera un montant d’impôt sur le revenu, plus 17,2 % de 3 850 € de prélèvements sociaux, soit environ 662 €.
5. Valider et archiver. Complétez le reste de votre déclaration, validez, puis conservez une copie du formulaire 2042-C-PRO rempli ou le PDF récapitulatif en ligne, comme justificatif.
La plupart du temps, cette démarche n’augmente pas démesurément votre impôt. Un couple imposé à 11 % qui a encaissé 5 000 € sur Airbnb avec un logement non classé sera imposé sur 3 500 € : environ 385 € d’impôt sur le revenu et 602 € de prélèvements sociaux, soit près de 990 €, c’est-à-dire à peu près 20 % des recettes. Si vos charges sont importantes, le régime réel peut réduire nettement cette facture l’année suivante.
Le cas particulier du régime réel
Au réel, vous ne déclarez pas « juste un chiffre » : vous calculez un résultat fiscal via une liasse, puis vous le reportez sur votre déclaration de revenus.
- Vous déposez une déclaration annuelle de résultat n° 2031 et ses annexes (tableaux 2033 et suivants) depuis votre espace professionnel.
- La date limite de dépôt se situe en général avant le deuxième jour ouvré suivant le 1er mai, selon le calendrier fiscal annuel.
- Vous reportez ensuite le bénéfice, ou le déficit, sur votre déclaration de revenus dans la rubrique dédiée (cases 5NA et suivantes selon votre situation).
L’administration précise également que l’application du régime réel peut s’apprécier en tenant compte de l’évolution du chiffre d’affaires sur deux ans, ce qui explique certains basculements automatiques d’un régime à l’autre.
Micro-BIC ou réel : comment choisir ?
La règle est simple : le micro est confortable, le réel est souvent plus optimisé dès que vos charges sont importantes. En pratique, beaucoup de propriétaires font une simulation sur une année complète, micro contre réel, et constatent la différence nette. Si vous voulez creuser la comparaison, lisez notre article Micro-BIC ou réel : que choisir ?
Le réel est presque incontournable si vous dépassez les seuils du micro en courte durée non classée. Il demande une discipline simple mais réelle : factures, relevés, suivi des charges, et idéalement un professionnel si vous ne voulez pas y consacrer de temps. Notre conseil : si vos recettes brutes dépassent 15 000 € et que vous avez un crédit ou des frais conséquents, envisagez sérieusement d’opter pour le réel et faites-vous accompagner sur la comptabilité.
Cas particuliers et exceptions
Quelques situations méritent une attention particulière, même si elles concernent une minorité de propriétaires.
- Recettes très faibles, inférieures ou égales à 305 € par an. Il existe une franchise générale pour les micro-BIC : compte tenu de l’abattement minimum de 305 €, votre revenu imposable est nul. Vous ne paierez donc pas d’impôt sur ces petits revenus, mais cela ne vous dispense pas formellement de les déclarer, ne serait-ce que pour que ce soit pris en compte dans votre revenu fiscal de référence et votre taux de prélèvement à la source.
- Location d’une partie de votre résidence principale à l’année. À ne pas confondre : si vous louez une chambre chez vous à un étudiant sur neuf mois avec un loyer modéré, ces revenus peuvent être exonérés au titre du « loyer raisonnable ». Dès qu’il s’agit de location saisonnière de courte durée, cette exonération ne s’applique plus. Si vous faites un mix, distinguez bien les périodes et les montants.
- Location de votre résidence principale quelques semaines par an. Vous restez dans le champ de la location meublée, mais des règles spécifiques peuvent s’appliquer : durée maximale, déclaration, preuve de résidence principale, règles propres à la commune. Selon la ville, le cadre change.
- Loueur en meublé professionnel (LMP). Si vous basculez en LMP (recettes supérieures à 23 000 € et supérieures à vos autres revenus), la déclaration se fait toujours sur la 2042-C-PRO mais dans les cases dédiées aux revenus LMP, ou via la 2031 au réel. Vous paierez alors des cotisations sociales à l’URSSAF plutôt que les 17,2 % de prélèvements sociaux.
- Bien détenu en indivision. Certaines situations d’indivision peuvent imposer le régime réel. Si c’est votre cas, sécurisez votre méthode de déclaration dès le début de l’année.
- Déclaration via un professionnel. Si un expert-comptable gère votre LMNP, il peut télétransmettre la liasse fiscale, mais vous devrez tout de même reporter les résultats sur votre déclaration personnelle. Vérifiez que les montants préremplis correspondent bien.
- Année de début d’activité. Si vous avez commencé à louer en cours d’année, vous ne déclarez que les loyers de la période de location. Si vous démarrez en juillet, vous déclarez les revenus de juillet à décembre.
CFE, taxe de séjour et autres à-côtés
Au-delà de l’impôt sur le revenu, la location meublée entre dans le champ de la CFE (Cotisation Foncière des Entreprises). La première année civile est exonérée, mais dès la deuxième, vous devrez la payer à la commune ou à l’EPCI où se situe le logement. Le montant dépend de la collectivité, souvent quelques centaines d’euros par an pour une activité LMNP. Pensez à créer votre espace professionnel sur impots.gouv pour consulter votre avis de CFE en fin d’année.
Concernant la taxe d’habitation, elle n’existe plus sur les résidences principales depuis 2023, mais un logement meublé loué en courte durée peut être assimilé à un usage commercial dans certaines communes. La taxe d’habitation sur les résidences secondaires reste due la plupart du temps si le bien n’est pas occupé à titre principal. Renseignez-vous en mairie.
En tant que propriétaire Airbnb, vous cumulez donc possiblement : taxe foncière, CFE dès la deuxième année, et éventuellement taxe d’habitation sur résidence secondaire. Ce sont des charges à intégrer dans votre rentabilité, même si elles ne figurent pas dans la déclaration de revenus elle-même.
Erreurs fréquentes à éviter
La première erreur, c’est de déclarer le mauvais chiffre. Beaucoup de propriétaires déclarent « ce que la plateforme verse » sans vérifier la logique, ou mélangent recettes et remboursements. Votre chiffre doit être cohérent, traçable et justifiable.
La deuxième, c’est d’oublier le statut classé ou non classé. Ce détail change votre plafond micro, votre abattement, donc votre impôt et votre rentabilité.
La troisième, c’est de passer au réel sans être prêt. Le réel suppose une organisation : factures classées, relevés, suivi des charges, et souvent un professionnel à vos côtés. C’est la différence entre un réel rentable et un réel douloureux.
La quatrième, c’est de croire que tout est prérempli. Même si les plateformes transmettent des informations à l’administration, vous restez responsable de ce que vous déclarez.
La cinquième, c’est de négliger les obligations locales : enregistrement du logement, limites de durée, règles propres à la commune. Elles ne relèvent pas de la déclaration fiscale, mais elles peuvent coûter très cher.
FAQ
Airbnb communique-t-il mes revenus aux impôts ?
Oui. Airbnb, comme Abritel, Booking et les autres plateformes, envoie chaque année un état récapitulatif à l’administration fiscale française, listant pour chaque hôte le montant brut des transactions. Lorsque vous remplissez votre déclaration en ligne, il n’est pas rare qu’un message vous rappelle le montant de revenus de location meublée communiqué par les plateformes. Vous ne pouvez donc pas passer sous le radar, et déclarer volontairement vous évite la majoration de 10 % en cas de rattrapage.
Faut-il déclarer si Airbnb m’envoie déjà un récapitulatif annuel ?
Oui. Le récapitulatif vous aide, mais c’est vous qui validez le chiffre final et le régime applicable. Gardez l’export comme preuve.
Je n’ai loué que quelques nuits pour un tout petit montant, suis-je vraiment obligé de déclarer ?
La loi prévoit que tout revenu imposable doit être déclaré, donc oui en théorie, même pour 100 €. Cela dit, en dessous de 305 € de recettes, l’abattement minimum fait que vous n’aurez rien à payer. Le risque de redressement sur un si petit montant est quasi nul, mais nous conseillons de toujours déclarer : vous n’aurez pas à vous poser la question de la limite floue entre ce qui est « insignifiant » et ce qui ne l’est pas.
Sur quelle case de la déclaration faut-il inscrire les revenus Airbnb ?
Sur la 2042-C-PRO, section « Revenus des locations meublées ». Selon votre situation : cases 5ND, 5OD ou 5PD pour la location meublée non professionnelle au micro-BIC, cases 5NG, 5OG ou 5PG pour un meublé classé ou une chambre d’hôtes, cases 5NA, 5OA ou 5PA pour un bénéfice au régime réel, cases 5NY et suivantes pour un déficit. Pour le meublé de tourisme non classé, des cases spécifiques 5NH et 5OH sont désormais citées : vérifiez l’intitulé exact sur votre déclaration. L’essentiel est de ne pas utiliser la section « Revenus fonciers », réservée aux locations non meublées.
J’ai entendu parler d’un abattement de 30 % au lieu de 50 %, suis-je concerné ?
Oui, si votre meublé de tourisme n’est pas classé. Depuis la déclaration 2026, portant sur les revenus 2025, l’abattement micro-BIC est de 30 % pour un meublé de tourisme non classé, contre 50 % pour un meublé classé ou une chambre d’hôtes. Concrètement, 10 000 € de recettes en meublé non classé laissent 7 000 € imposables, contre 5 000 € avec un classement. Deux solutions pour compenser : envisager le régime réel, ou faire classer votre meublé afin de conserver l’abattement de 50 %.
Je dépasse le plafond du micro, que dois-je faire ?
Vous basculez au réel. L’idéal est de l’anticiper dès janvier en conservant toutes vos factures et en structurant votre suivi de charges dès le premier mois de l’année.
Le régime réel, comment ça marche concrètement ?
Vous tenez une comptabilité détaillée de vos recettes et dépenses, vous établissez un compte de résultat, puis vous déposez la liasse 2031 et ses annexes. Une fois le bénéfice net calculé, vous le reportez sur la 2042-C-PRO. Si vous arrivez à 500 € de bénéfice imposable, vous inscrivez 500 en case 5NA. Si vous êtes en déficit de 1 000 €, vous indiquez 0 en 5NA et 1 000 en 5NY. Le réel permet souvent d’afficher un bénéfice très bas, voire nul, mais il demande davantage de rigueur.
Quels documents dois-je conserver en cas de contrôle ?
Conservez vos relevés de revenus Airbnb, disponibles dans l’historique des transactions ou via le récapitulatif annuel, ainsi que les factures de vos charges si vous êtes au réel, et même au micro à titre de preuve de bonne foi. Constituez un dossier avec les versements des plateformes, le calcul de l’abattement ou du bénéfice, et les factures de conciergerie et de ménage. Le délai de reprise fiscale est généralement de trois ans, et jusqu’à six ans en cas d’omission volontaire : archivez donc ces pièces au moins trois à six ans.
Puis-je me faire accompagner sans y passer des heures ?
Oui. Le plus simple est de cadrer votre dossier et votre process en début d’année. Si vous souhaitez un accompagnement ou une gestion complète, consultez nos tarifs et parcourez notre FAQ.
Conclusion
En résumé, oui, il faut déclarer vos revenus Airbnb, sans hésitation. La procédure, un peu intimidante sur le papier, se révèle assez simple une fois qu’on connaît la logique : BIC, recettes brutes, bon régime, bonnes cases, bons justificatifs. En tant que loueur en meublé, vos recettes passent par le régime BIC, généralement en micro-BIC avec un abattement automatique qui allège la note. Le vrai levier, c’est d’anticiper votre régime dès le début de l’année, surtout si vous êtes en courte durée non classée.
N’oubliez pas de conserver un minimum de justificatifs, à commencer par le relevé annuel Airbnb, et de rester en règle vis-à-vis de votre mairie : enregistrement du logement, taxe de séjour, règles locales.
Si ces aspects fiscaux et administratifs vous pèsent, rappelez-vous que vous pouvez vous faire accompagner. Un expert-comptable peut optimiser votre situation, en particulier au régime réel. Et en amont, une conciergerie peut vous décharger de la gestion quotidienne tout en vous aidant à garder un dossier propre toute l’année. Vous voulez sécuriser votre déclaration et optimiser votre rentabilité sans y passer vos week-ends ? Découvrez nos services et parlons de votre logement.